Entretien avec Guus Elbers, directeur commercial Benelux, Stöcklin Group
Nous ne croyons pas à l’automatisation pour l’automatisation. Notre mission consiste à comprendre les processus logistiques et les besoins du client afin de déterminer ensuite où l’automatisation apporte réellement une valeur ajoutée mesurable. Parfois, la bonne réponse est de passer immédiatement à l’automatisation. Parfois, elle consiste à préparer d’abord l’entreprise et ses processus à l’automatisation, plutôt que de se lancer à la hâte. L’essentiel est que, lorsque vous automatisez, vous disposiez de la solution adaptée à votre exploitation, à vos exigences et à votre analyse de rentabilité – non seulement pour le présent, mais aussi pour l’entreprise que vous souhaitez diriger dans dix, quinze, voire vingt ans.
« Nous ne croyons pas à l’automatisation pour l’automatisation. Notre mission consiste à comprendre les besoins logistiques du client afin de déterminer où l’automatisation apporte une valeur ajoutée mesurable. »
Concrètement, cela dépend de la situation dans laquelle se trouve le client lorsqu’il fait appel à nous : du degré de maturité de ses projets d’automatisation, de ses exigences en matière d’innovation et de pérennité, ainsi que de sa situation actuelle. L’un de nos clients construit par exemple actuellement un grand entrepôt de livres. Dans ce cas précis, il était clair dès le départ que l’automatisation apporterait des avantages considérables.
Il y a trois erreurs majeures que je rencontre régulièrement.
Premièrement : automatiser le processus existant au lieu de le repenser. Si vous automatisez un mauvais processus, vous n’éliminez pas ses problèmes : vous les accélérez. C’est pourquoi, chez Stöcklin Group, nous attachons une grande importance à l’élaboration d’une analyse de rentabilité, à la compréhension du statu quo et à la définition d’une vision d’avenir. Nous nous réunissons avec le client, discutons des chiffres actuels et définissons à quoi doit ressembler le processus dans un environnement automatisé. Ensuite, nous effectuons des tests et des simulations afin de mettre en évidence les gisements d’efficacité.
« Si vous automatisez un mauvais processus, vous ne résolvez pas vos problèmes : vous les accélérez. »
La deuxième erreur consiste à optimiser en fonction du volume actuel plutôt qu’en fonction de l’activité de demain. Cela peut sembler évident, mais c’est précisément pour cette raison que la modularité, l’évolutivité et les possibilités d’extension sont aujourd’hui indispensables. Il ne suffit pas de vendre simplement un système offrant la capacité maximale. Il s’agit d’un investissement dans l’avenir – c’est pourquoi nous tenons toujours compte de l’avenir lors de la configuration d’une solution.
L’un de nos principaux clients aux Pays-Bas illustre parfaitement qu’une évolution est possible, plutôt qu’une révolution radicale. Nous avons installé son entrepôt à rayonnages hauts en 2017, il y a près de dix ans. Depuis, nous travaillons avec lui sur d’autres projets et procédons à l’automatisation étape par étape. Nous espérons que l’extension de l’entrepôt à rayonnages hauts suivra dans un avenir proche.
Le groupe Stöcklin se considère comme un partenaire qui accompagne votre entreprise sur la voie de l’automatisation et fournit des solutions sur mesure. C’est précisément ce rôle que nous souhaitons jouer. À cela s’ajoutent nos services d’assistance et de maintenance à long terme après l’installation : vous bénéficiez ainsi d’une offre complète.
« Alors que les clients s’enthousiasment de plus en plus pour l’IA et la robotique, il faut garder à l’esprit que la technologie n’est pas une fin en soi. »
Une dernière erreur que j’observe chez les entreprises : elles achètent de la technologie au lieu d’une solution durable. Il est de plus en plus important de garder cela à l’esprit, car les clients se laissent facilement fasciner par les robots et l’IA. Mais la technologie n’est pas l’objectif en soi. L’objectif réel peut être une augmentation de 30 % du débit ou une réduction des effectifs par équipe : ce n’est qu’une fois que vous connaissez ce véritable objectif que vous devez déterminer quelle technologie permettra de l’atteindre efficacement. Ne partez donc pas de la technologie, mais du défi logistique que vous souhaitez relever.
Je vais vous donner un exemple : certains de nos clients appellent sans cesse nos transstockeurs des « robots ». Je les ai corrigés à plusieurs reprises afin qu’ils ne se font pas de fausses idées. Mais dans leur perception, ils ont un robot dans leur entrepôt à rayonnages hauts. C’est la conséquence de leur fascination pour l’automatisation. Il nous appartient, ainsi qu’aux consultants expérimentés, de veiller à ce que le client bénéficie d’une solution sur mesure et durable, adaptée à la réalité de son activité – même s’il continue à l’appeler « robot ».
L'énergie, la durabilité et la pénurie de main-d'œuvre qualifiée.
L’automatisation est source d’efficacité, mais les entrepôts automatisés consomment également de l’énergie. Les clients vont de plus en plus prendre en compte l’empreinte énergétique globale de leur logistique, et pas seulement la productivité. Les entraînements à haut rendement énergétique, les systèmes de récupération d’énergie, la recharge intelligente et la réduction des mouvements inutiles feront désormais partie intégrante des décisions d’investissement. Chez Stöcklin, ce sont là des sujets que nous abordons et discutons avec nos clients dès le début du processus de vente, afin de répondre à leurs attentes.
En ce qui concerne la disponibilité de la main-d’œuvre, il ne s’agit pas simplement d’un manque de personnel. Les entreprises seront de plus en plus confrontées à des coûts de personnel plus élevés, à un vieillissement de la main-d’œuvre, à des postes difficiles à pourvoir dans les entrepôts et à la pression de rendre ces postes plus attractifs. La question est la suivante : dans quelle mesure l’activité doit-elle dépendre de la disponibilité d’un personnel suffisant au bon moment ?
L’automatisation signifie que vous avez besoin de moins de personnel pour le transport des marchandises, mais vous aurez toujours besoin de personnes pour faire fonctionner les installations, procéder à la mise en service et piloter les processus. Que se passera-t-il si vous ne trouvez pas les bonnes personnes ? Qu’en est-il des pics saisonniers ? Ou des absences soudaines de collaborateurs qu’il faut compenser ? Dans une certaine mesure, l’automatisation peut aider à résoudre les problèmes de personnel et renforcer votre résilience dans ce domaine.
Néanmoins, ces défis persisteront – et nous continuerons à chercher de nouvelles façons de les résoudre ou, à tout le moins, de les atténuer.